Le projet pour le festival du lin est un double projet.
La réalisation d’une immense tresse de 25m de long réalisée avec des toiles de sacs de jute mis bout à bout et fourrés de résidus de jute provenant de l’usine du tissage du Ronchay. Les sacs de jute usagés destinés à transporter les denrées dans tous les coins du globe racontent l’histoire du marché global et globalisé qui s’oppose à des cultures et des consommations locales.
La tresse symbolise la fertilité, la beauté, la force, l’énergie féminine sacrée. Elle peut aussi se référer à l’épi de blé, la relation du lin au cheveu (voir pièce réalisée en 2014 pour le festival du lin a la Gaillarde). Dans les symboles agricoles, on tresse aussi le lin et le blé pour en faire des objets sacrés que l’on jette dans les champs à la fin des moissons (la dernière gerbe), donc une relation à la femme, aux cheveux et à la fertilité.
On retrouve dans les cultures amérindiennes les trois élément reliés en tresse : le corps, l’esprit et l’âme.
En parallèle sous la tente berbère sont accrochés des images d’objets en blé ou lin tressé, appelés bouquets de moisson.
Des phrases enregistrées auprès des agriculteurs des environs sont diffusées sous la tente. Dans les interviews réalisés avec les agriculteurs sont privilégiées les questions concernant leur rapport à la Nature et déjouant les préjugés souvent associés à l’agriculture et à un manque d’informations et d’accès à des connaissances réelles et concrètes.
Pendant ce temps, Adam / Attendant son retour avec impatience, avait tressé / une guirlande de fleurs les plus rares, pour en orner / ses boucles, et couronner ses travaux rustiques / Comme les moissonneurs couronnent leur Reine de la Moisson
(Milton, Paradis perdu, cité dans le Rameau d’or de Frazer)
« L’ADN est effectivement la clé de la vie qui est une puissance vitale double, permettant de passer de un à plusieurs, situé dans l’eau et possédant la forme d’une mèche de lin tressé »
— transcription de hiéroglyphes égyptiens, Jeremy Darby Le serpent cosmique
Liste d’interviewés : Patrick Ouvry, Franck Sagaert, Hervé de Bois Hébert, Yves Siour
Remerciements : Marion Lardans, Sophie Lheureux, Akio Mallet-Yamada, Norman Yamada, Patrick Ouvry, Alix Thomazo, Corinne Brenne, Robert Arnoux.
Alice Schÿler Mallet est plasticienne et commissaire d’exposition. Elle réalise depuis plus de 20 ans des objets et des évènements à la frontière entre le documentaire et la poétique en France et à l’étranger.










